Mercredi 16 avril
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08:00
Je découvris le monde du SM à travers les exigences d'un homme plus âgé que moi (comme bien souvent) et qui
avait pris le parti de devenir mon mécène, tandis que je poursuivais mes études. C'était un très bel homme, la quarantaine naissante. J'étais moitié plus jeune et l'on me prenait régulièrement
pour sa fille. Le goût de l'interdit, le plaisir de choquer nous animait tous deux.
Nous entretenions une relation suivie depuis quelques mois lorsque, déjà, je sentais poindre en lui une
certaine lassitude dans nos ébats. Je n'ai jamais été sexuellement farouche, toujours prête à découvrir de nouvelles pratiques et à ressentir de nouveaux plaisirs. Me sachant très ouverte, il me
parla franchement de son goût pour la domination. J'avais déjà plus ou moins senti cette envie, par ses gestes très directifs voire brutaux ou ses envies le plus souvent ordonnées plutôt que
suggérées.
Je me laissais faire, docilement, heureuse de découvrir d'autres horizons, mais aussi désireuse de garder cet homme à mes cotés. J'ai gouté aux fessées,
aux promenades en appartement tenue en laisse et marchant à 4 pattes. Cette situation m'émoustillait franchement. Pas l'idée de subir, mais plutôt le fait de le voir prenant du plaisir à me
traiter ainsi. Je n'étais pas soumise mais dominatrice par procuration. Je prenais plaisir par son plaisir et nous étions deux à me dominer puisque je rêvais d'être à sa place.
Au fil des mois, Monsieur P. est passé d'une soumission douce et purement physique à un jeu plus cérébral, qui consistait à me faire perdre mon identité. Moi qui était d'un naturel enjoué et
plutôt meneur, je me retrouvais écrasée sous sa trop forte personnalité, devenant son ombre, ne pensant qu'à travers lui, n'agissant que pour et par lui. J'avais interrompu mes études et je
m'étais installée dans son (grand) appartement parisien sous ses insistances. J'étais cette chose qu'il exhibait fièrement à ses amis, un bel objet dénué d'esprit et de pouvoir de décision.
A l'époque, le SM était une pratique honteuse et perverse, Monsieur P se servait de cette image pour me culpabiliser tandis que dans mes rêves les plus secrets, je m'imaginais à sa place, me
faisant (re)vivre certaines scènes. Je prenais parfois un plaisir sadique à m'auto-dominer: "tu n'es qu'une chienne, esclave de cet homme et ça te plait!" ou "pauvre petite chose martyrisée sans
défense!", tandis qu'à d'autres moments, un éclair de lucidité me commandait de sortir de cette situation invivable...
Melle C.
Par Melle C.
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Publié dans : 2- Premiers pas
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Lundi 14 avril
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08:00
Lorsque le SM n'est plus un jeu ponctuel mais s'inscrit dans la durée, il est préférable de réaliser un contrat qui devient la concrétisation du lien reliant le Maitre et le Soumis. Ce document est réalisé conjointement par les deux parties et permet de définir
les regles et les limites dans lesquelles s'inscrit le jeu. Bien que n'ayant aucune valeur légale, le document est signé par le
Maitre et le Soumis.
Informations Generales
Ce paragraphe jete les bases de l'accord entre les deux protagonistes. Il permet de définir les
limites dans lesquelles doit se dérouler le jeu. Par exemple, pas d'interactions entre le SM et la famille et/ou le travail.
Partiques Voir la liste détaillée des pratiques communément
admises
On regroupe ici les différentes pratiques envisagées. Elles sont de 4 types: sexuelles, physiques, cérébrales et
regles de conduite. On doit en définir lesquelles sont acceptées, celles qui sont envisagées et enfin, celles qui resteront interdites, quelque soit l'avancée du jeu.
Safeword
Ce mot de sécurité est un signal
d’urgence (exemple: "Pouce!") qui, lorsqu'il est utilisé par le Soumis, indique au partenaire qu’il doit immédiatement et sans discussion interrompre l’action en cours, et la délivrer de toutes
contraintes éventuelles aussi rapidement et prudemment que possible.
Objectifs
Afin d'installer le jeu dans le temps et
de mesurer la motivation des individus, on notera au préalable les progrés qui seront exigés, par exemple, la dilatation annale. Cela permet au soumis de savoir ce qu'on attend de lui et de
rendre compte de sa docilité. Le Maitre est aussi évalué: si le Soumis ne progresse pas, il peut se remettre en cause de son coté. Ce chapitre offre aussi la possibilité de faire évoluer le
contrat, en repoussant les limites admises au début de la relation. C'est un véritable suivi de l'engagement.
Sanction
Chaque manquement a une regle devra etre
puni selon un bareme bien pré-établi (par exemple, 3 coups de cravache si le Soumis oublie de vouvoyer son Maitre). Il doit etre ecrit qu'une fois la sanction executée, le Soumis doit réaliser
l'ordre qu'il a bafoué. De cette maniere, il ne sera pas tenté de contourner les ordres qui lui deplaisent en ne subissant que la punition.
Close de rupture du Contrat
L'une des deux
parties, peut, a tout moment, décider de rompre le contrat. Il est legalement interdit de maintenir quelqu'un sous son autorité si cela n'est pas régit par un accord tacite tel que ce
contrat.
Afin d'eviter que le Soumis ne soit tenté d'utiliser cette close lorsqu'un ordre qui lui déplait lui ait signifié, le
contrat devra préciser qu'un utilisation abusive de cette close conduira a la rupture immediate du contrat par le Maitre.
Vendredi 11 avril
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08:00
Je classe les pratiques du SM en 4 types distincts : je fais un distinguo entre les pratiques douloureuses et/ou
humiliantes et les pratiques de domination pure. Ces moyens permettent d'atteindre le plaisir sadique ou masochiste, selon que l'on soit le Maitre ou le Soumis.
Soumission Physique
Bondage (liens, menottes, etc...) Domination
Provation de sens (baillon, bandeau, etc..) Domination
Fessée, cravache, martinet, etc... Douleur et Humiliation
Pinces, poids, aiguilles, cire, etc... Douleur
Travestissement
Humiliation
Marcher a 4
pattes
Humiliation
Soumission
Sexuelle
Domination et Humiliation
Disponibilité orale, vaginale, anale, etc...
Urophilie, etc...
Soumission
Cérébrale
Humiliation
Insultes et humiliations verbales
Exhibition
Objectification (rasage du pubis, etc...)
Attente
Regles de Conduite Humiliation
Vouvoiement
Pose (jambes écartées, etc...)
Attitudes (yeux baissés, etc...)
Tenues (pas de dessous, collier de chien, etc..)
Je suis plus friande des pratiques humiliantes, car elles sont les plus dures a mettre en place et a faire accepter au sourmis. Chaque maitre/sse a sa facon d'humilier l'autre, alors qu'une
fessée est plus universelle. L'humiliation cerebrale et physique est tres personnelle et peut revetir de nombreuses formes. Une imagination sans bornes est necessaire pour renouveller sans cesse
ces brimades.
Mercredi 9 avril
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08:00
Peut on réaliser un profil type du Soumis ou du Dominant ?
Dans un article précédant, je rappelle que les psychanalistes affirment que
notre enfance (l'education que nous y avons recu, le comportement de nos parents et notre milieu de vie) influe grandement sur notre devenir. Cela veut dire que notre caractere, notre rapport
avec les autres dépend des modeles que nous avons eu étant petits. Mais est-ce vraiment le seul critere a prendre en compte? N'avons nous pas une nature profonde, qui, en dépit de notre
passé, nous fera préférer un role plutot que l'autre ?
Et enfin, est ce que les personnes qui se disent non interessées par le SM, ne sont pas, en moindre mesure bien evidemment, plutot
dominantes ou soumises? Il me semble que d'une maniere generale, nous avons tous en nous un potentiel dominant ou soumis, a nous de le révéler, selon nos envies et nos
partenaires.
Je prends mon propre exemple afin d'illustrer mon propos. J'ai découvert les relations SM avec un homme qui, de par son éducation et sa
classe sociale, s'averait etre un male dominant. Sa nature profonde faisait egalement de lui un dominateur. Par amour pour lui, je suis devenue soumise.
Suite a cette relation qui a duré quelques années, je n'ai plus jamais été soumise. Ma nature est et a toujours été dominante. Personne,
hormi ce male en puissance n'a pu et ne pourra me soumettre.
A l'inverse, j'ai connu un homme, qui, bien qu'étant dominant par sa situation et son éducation, avait une nature soumise. Il
etait interessant de voir comment il se comportait en société, dirigeant son petit monde, distribuant des ordres a droite et a gauche. Sitot le voile de l'intimité abaissé, notre male de
pacotille finissait a mes pieds.
Des exemple de dualité affichée comme ceux ci, j'en ai un tres grand nombre. Ceux ci me font dire que malgré nos apparences, nous sommes
parfois a l'opposé de ce que nous prétendons etre, ou de ce que nous avons appris a etre.
En regle générale, le Dominant reste une personne charismatique, vive d'esprit, égocentrique et hautaine. C'est l'imagie typique des
Maitresses dont revent les males soumis, en quete de gynarchie et autres theoremes farfelus.
Tandis que le Soumis aura tendance a se poser en personne calme, timide voire effacée, en manque d'affection, n'attendant que le bon
vouloir d'une personne a qui s'attacher corps et ame.
En observant consciencieusement certaines personnes, il est possible de déceler dans leur regard, leurs mots ou leurs gestes des indices
qui ne trompent pas. Ceux la meme qui nous font dire a tous les coups : "c'est un dominant !".
Que penser alors des personnes Switch, qui semblent passer d'un role a l'autre sans grande difficulté ? J'ai connu certaines
femmes qui se disaient dominatrices d'hommes et soumises aux femmes... Finalement, elles étaient egalement soumises aux désirs de leur homme, qui etait d'etre dominés. Mais leur nature
profonde et intouchable etait bien celle d'une Soumise... Les Switch sont ils des Dominants a penchant soumis? Pourtant un "vrai" Dominateur ne tolererait pas d'etre soumis, son égo en
souffrirait bien trop ! Les Switch seraient donc des Soumis poussés a dominer ? Il me semble que cette hypothese pourrait convenir...
Réduire une personne a son role sexuel n'est pas le but de ce billet, il s'agit juste de mettre en lumiere des traits caractéristiques
qui font ce que nous sommes sexuellement, a savoir Dominant, Soumis, faux ou vrai Switch...
Melle C.
Lundi 7 avril
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08:00
On ne devient pas adepte du SM comme l'on suit une mode vestimentaire. On l'est depuis toujours, ou tout du moins, depuis l'enface.
C'est ce que Freud et ses disciples nous serinent depuis des années.
En effet, notre éducation et le milieu dans lequel nous avons grandi dessine notre caractere et de ce dernier découle une forme de soumission ou de domination acquise. Rappelez vous un camarade
de classe : petit bonhomme plutot effacé, prenant peu la parole, suivant religieusement le meneur de groupe (un futur dominant sans nul doute) dans la cours de récré. Une enfance solitaire, des
parents pas toujours présents, voire divorcés ou peu démonstratifs : celui la présente toutes les qualités recquises pour devenir un futur soumis, toujours en quete d'attention et d'amour. A
l'inverse, le chef de bande est un petit garcon choyé par ses parents, certainement fils unique ou l'ainé d'une fratrie. Ses parents, de trop l'aimer et le gater, ont fait de lui un gamin
egocentrique et egoiste qui se transformera en veritable peste a l'adolescence, avant de devenir un homme de tete plein d'assurance (et de mepris) quelques années plus tard. L'archétype meme du
male dominant. Cette rapide démonstration est bien sur valable pour les petites filles.
Soit ! Mais que penser de ces personnes, qui, malgré une enfance heureuse, un caractere de meneur et une position sociale élevée, finissent, passé 40 ans, leur vie professionnelle et familiale
bien établie, par franchir honteusement les portes d'un quelconque donjon parisien ou provincial ? Tandis qu'un autre, par revanche sur la vie, parti d'une enfance moins reluisante, se vengera
sur ces memes personnes en devenant leur "maitre", grace a sa force de caractere et son envie de réussir/ se venger ?
Finalement, et malgré notre conditionnement a l'enfance, notre sexualité ne reflete t'elle pas notre nature la plus profonde ? Sommes nous seulement le produit des influences que nous avons subi
durant l'enfance ?
Et ceux qui ne se disent pas adeptes du SM, ne sont ils pas, a moindre degré, plutot dominants ou plutot soumis, meme de facon inconsciente? Celui qui prend l'initiative du rapport serait alors
"dominant" d'une certaine facon, tandis que l'autre resterait dans l'expectative... SM ne rimant pas forcemment avec sévices corporels, je pense qu'il a des "degrés" de domination et soumission !
Que dire des personnes revetant tantot un role, tantot l'autre ? Sont ils doués d'une certaine capacité extra-ordinaire pour alterner les deux casquettes ou ne sont ils pas, plutot, ni l'un
ni l'autre ?
Sans m'estimer dépositaire d'une vérité universelle sur le SM, je vous exposerais ici les experiences que j'ai pu vivre, et qui m'ont amené a echafauder cette théorie personnelle...
Melle C.
Vendredi 4 avril
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08:00
A quoi bon présenter cette sexualité particuliere, vu l'engoument populaire pour cette pratique ces derniers temps? Ne nous le
cachons pas: le SM est devenu a la mode, il faut en etre adepte pour etre "in". A quoi bon créer un enieme blog traitant de ce sujet, alors?
Tout simplement: il y a des millions de définitions de SM, autant que d'adeptes. Chacun ses regles, ses limites, ses
interdits.
Voici donc ma vision du SM...
1-Définition:
Le SM est une branche particuliere du BDSM (Bondage et Discipline, Domination et Soumission, Sado-Masochsime).
Ce mot-composé désigne le Sado-Masochisme, terme inventé suite aux écrits de deux auteurs particuliers:
-Sacher Masoch, écrivain autrichien dont le roman La Vénus à la fourrure raconte une relation amoureuse devenant
progressivement une relation de domination,
-Sade auteur dont les récits mettent souvent en scène des relations sexuelles fondées sur la souffrance et l'humiliation.
Ces hommes de lettres furent les premiers a traiter de ce sujet et a le démocratiser.
De maniere génerale, on peut définir le SM comme une sexualité au rapport de force bien établi entre un Maitre (personne
dominante qui revet le role de "sadique" et qui inflige a l'autre des sévices physiques ou cerébraux) et un Soumis (masochiste) qui subit les ordres et envies de son Maitre. Ce rapport de force peut varier d'intensité, allant d'un simple
jeu de fessée ou de menottes, a une véritable relation de domination/soumission.
On parle d' Esclave a la place de Soumis si la relation n'est pas ponctuelle (on considere la sceance comme un jeu sexuel parmi
tant d'autres) mais une véritable facon de vivre au quotidien, un état permanent de rapport de force entre les deux parties.
A noter que bien que d'anciens livres comme le Kamasutra
citent les morsures et les griffures comme moyens de parvenir à l'extase, la culture judéo-chrétienne considère l'utilisation de la douleur comme une pratique à part et, généralement, comme une
pratique perverse. La psychiatrie porte le même regard sur cette pratique. Nous sommes donc, nous tous adeptes du SM, des aliénés mentaux qui le vivent parfaitement bien!